APICULTEUR ET PÊCHEUR
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Dans le cadre des réflexions engagées sur la gestion des milieux aquatiques en période de sécheresse, la Fédération Départementale de Pêche souhaite faire part de sa position concernant les éventuelles mesures de fermeture de la pêche de loisir ainsi que les opérations de « pêche de sauvetage ».
Concernant la fermeture de la pêche de loisir, la Fédération considère qu'une fermeture généralisée de la pêche en période de basses eaux n'apparaît ni pertinente ni justifiée au regard du fonctionnement des milieux aquatiques et de l'impact réel de l'activité halieutique.
Tout d'abord, lorsque les débits deviennent insuffisants et que les températures augmentent, les poissons adoptent naturellement un comportement de survie.
Leur activité diminue fortement, ils réduisent leurs déplacements et cessent en grande partie de s'alimenter.
Dans ces conditions, les prises deviennent exceptionnelles. La fréquentation des cours d'eau concernés chute alors fortement et les pêcheurs se reportent d’eux-mêmes vers des secteurs où la pêche reste possible.
Par ailleurs, la mise en œuvre d'une interdiction de pêche peut laisser supposer que la pêche de loisir a un impact sur les populations piscicoles lors des épisodes de sécheresse.
Les difficultés rencontrées par les populations de poissons sont avant tout liées aux conditions du milieu : faibles débits, hausse des températures, baisse de l'oxygénation de l'eau et dégradation des habitats.
Ces phénomènes sont directement liés à la sécheresse et non à la pratique de la pêche de loisir.
Il convient également de rappeler que les épisodes de sécheresse affectent les cours d'eau de manière très hétérogène.
D'une année à l'autre, les secteurs concernés varient et certains cours d'eau ou plans d'eau conservent des conditions compatibles avec une pratique responsable de la pêche.
Une fermeture généralisée aurait pour conséquence de priver inutilement les pêcheurs de l'accès à des milieux encore fonctionnels et de pénaliser les adhérents respectueux de la réglementation.
Enfin, la présence régulière de pêcheurs sur les berges permet de suivre la réalité du terrain et de prévenir d’éventuels actes de braconnage, pompages illégaux, pollutions ou de mortalités.
L’absence total de pêcheurs réduirait notre surveillance des milieux.
Concernant les pêches de sauvetage, la Fédération considère que les opérations de pêche de sauvetage doivent rester des mesures exceptionnelles réservées à des situations d'urgence avérées et localisées.
Elles ne peuvent constituer une réponse durable aux conséquences des sécheresses récurrentes.
En effet, la capture puis le transport de poissons déjà fragilisés par les conditions environnementales génèrent un stress important et des risques de mortalité non négligeables.
Les individus déplacés sont souvent relâchés dans des milieux qui ne présentent pas nécessairement des conditions beaucoup plus favorables, avec en outre un risque de concurrence accrue avec les populations déjà présentes et stressées.
Se pose également la question de la hiérarchisation des interventions.
Compte tenu du nombre parfois important de cours d'eau affectés simultanément, il est extrêmement difficile de déterminer objectivement quels sites doivent bénéficier en priorité d'une opération de sauvetage.
Une telle démarche nécessite des moyens humains, techniques et financiers considérables qu’il faudrait mettre en œuvre sur des milliers de kilomètres, et dont la Fédération ne dispose pas.
La Fédération est d’avis qu'il est préférable de conserver sur place une partie des géniteurs car ces individus permettront la recolonisation naturelle des milieux une fois les conditions redevenues favorables.
Aussi difficile et amer que puisse être ce constat, la Fédération considère que certaines situations relèvent de dynamiques naturelles auxquelles il n'est pas toujours possible d'apporter une réponse technique efficace.
La priorité doit rester à préserver quantitativement et qualitativement la ressource en eau, ainsi que d’assurer la circulation des poissons ; conditions indispensables au maintien durable des peuplements piscicoles et des usages associés.
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